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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 09:40

 

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  • UN PETIT RETOUR EN ARRIÈRE…
LES GAZ MOUTARDE...

L’idée de l’utilisation des alkylants pour traiter les cancers est née de la constatation, par EB. Krumbhaar, en 1919 (JAMA, 1919;72 :39-45) , que des soldats canadiens victimes des gaz moutardes de combats utilisés en 1917 présentaient, après les problèmes respiratoires, une aplasie lymphoïde, c'est-à-dire, une disparition des lymphocytes dans le sang.

 

UNE DÉFINITION MODERNE...

 
Un alkylant est un composé organique capable d'introduire sur une molécule donnée, un groupement hydrocarboné (alkyl-, noté R-CH2).

Il existe maintenant 7 grandes familles d'agents alkylants dits classiques.

  • LEUR MODE D'ACTION

DES GROUPES CHIMIQUES SENSIBLES

 
Dans les molécules biologiques, les groupes les plus sensibles aux agents alkylants sont SH, OH, COOH, NH2, NH, inclus dans une chaîne linéaire ou dans un cycle comme celui des bases puriques et pyrimidiniques, ainsi que les phosphates des liaisons phosphodiesters.


LEUR CIBLE L'ADN DE LA CELLULE


Ces médicaments détruisent les cellules en attaquant directement l'ADN. Ils ont comme caractéristique commune de former des radicaux alkyles, d’où leur nom d'agents alkylants. Ces radicaux forment des liaisons covalentes avec certains atomes de l’ADN ou de l’ARN. Ces substances créent un lien chimique covalent fort, entre elles-mêmes et un ou plusieurs groupements (azote-7 de la guanine - N7G, surtout ; oxygène-6 de la guanine O6G) d'un acide nucléique.

Lors de la division cellulaire, le dédoublement des deux brins d’ADN devient difficile et la transcription est arrêtée au niveau de l'agent alkylant, aboutissant à l’arrêt de la division cellulaire. Il existe plusieurs sous-groupes de médicaments.

POUR RÉSUMER, LES DIFFÉRENTS TYPES DE STRUCTURES 

  • Les moutardes azotées
  • Les oxazaphosphorines
  • Les éthylène-imines : azridines et mitomycine C
  • Les alkyl alcane sulfonates
  • Les triazèneset hydrazines
  • Les nitrosourées
  • Les organoplatines
  • DEUX TYPES DE PRODUITS
LES AGENTS ALKYLANTS MONOFONCTIONNELS

Ces médicaments ont un seul groupement réactif et ne forment qu'un seul lien chimique avec l’ADN. Ils créent de véritables ponts entre différents secteurs de l'ADN.

Il s’agit de la dacarbazine (Déticène™), de son analogue, le témozolomide (Témodal™) et de la streptozocine.


Du fait de l'existence d'enzymes de réparation de l’ADN, comme la ligase, une endonucléase, ces agents n'entraînent pas un véritable arrêt cellulaire mais peuvent favoriser l'apparition d’ADN porteur d’anomalies, susceptibles de dégénérer secondairement en cancers chimio-induits. Ceci explique, en partie, les leucémies secondaires, dites chimio-induite, observées, parfois, à la suite des traitements de la maladie de Hodgkin, ou des cancers de l'ovaire.

LES AGENTS BI-FONCTIONNELS

Ils comportent deux groupements réactifs. Ils créent de véritables ponts entre différents secteurs de l'ADN ou entre une molécule d'ADN et une protéine.

Il s’agit du cyclophosphamide (Endoxan™), de l'Ifosfamide, (Holoxan™), du melphalan (Alkéran™), de la procarbazine (Natulan™), du busulfan (Misulban™), du triphosphoramide (Thiotépa™), de l'hexamethylmélamine (Hexastat™), de la chlorméthine (Caryolysine™), etc, mais aussi des sels de platine.

 


 

Mise à jour

5 janvier 2012

 

 

 

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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 08:00

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  • QUELQUES POINTS COMMUNS A CETTE FAMILLE…

 

A L'ORIGINE…

Ces médicaments furent, d’abord, développés pour traiter les maladies parasitaires. Secondairement, les chercheurs mirent en évidence une activité antimitotique, utilisée pour le traitement du cancer. Ce concept a été, par la suite, étendu, avec succès, au traitement des infections virales, notamment le SIDA.

LE MODE D’ACTION EN QUELQUES MOTS…

Ces médicaments bloquent le développement des cellules en interférant avec la synthèse de l'ADN. Dès qu'ils ont pénétré dans la cellule, ils bloquent son développement et sa multiplication. Tous les médicaments de cette famille affectent la cellule au cours de la phase « S » du cycle cellulaire.
Ils se substituent à des acides aminés ou à des nucléotides. Ils interfèrent, alors, avec la synthèse des bases puriques et pyrimidiques, nécessaires à la molécule d’ADN. Ils empêchent secondairement la synthèse de chromosomes, rendant la mitose impossible. Ils peuvent également interférer avec les systèmes enzymatiques.
De très importantes interactions peuvent survenir entre les produits d'une même classe, par exemple, l’interaction entre le fluorouracile et le méthotrexate. Le côté positif de ces interactions peut conduire à des associations permettant de potentialiser l'efficacité de l'un par l'utilisation préalable du deuxième médicament.
On peut classer les antimétabolites en trois sous-classes :

  • Les inhibiteurs d'enzymes indispensables, dont le prototype est le méthotrexate.
  • Les médicaments qui se comportent comme des « leurres ».
  • L’asparaginase qui détruit le pool de L-asparagine circulante et en prive les cellules cancéreuses.
LES INDICATIONS PRINCIPALES DE CETTE CLASSE

Les antimétabolites sont utiles dans le traitement des leucémies aiguës et chroniques, du choriocarcinome, et de toutes les tumeurs du tube digestif, comme les cancers de l’estomac ou du côlon. Ils sont aussi employés dans le traitement des cancers du sein et de l'ovaire.

LES PRINCIPALES TOXICITÉS

Ils ont pour la plupart une toxicité pour le tube digestif. Elle peut se manifester par des diarrhées et une mucite. Il existe, en plus des toxicités spécifiques à chaque sous-classe.

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Mise à jour

Mardi 17 Mars 2009

 

 

 

 

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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 07:57

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  • LE PRINCIPE

La plupart des agents de chimiothérapie détruisent les cellules cancéreuses en affectant la synthèse ou la fonction de l'ADN au cours du cycle de reproduction de la cellule. Les autres médicaments interagissent avec l’ARN et les protéines. Chaque médicament diffère dans la façon dont il intervient dans le cycle cellulaire. Il est catégorisé selon son effet sur le cycle cellulaire ou son impact sur la chimie cellulaire.
Il existe plusieurs façons de classer les médicaments de chimiothérapie. Par commodité, les médicaments ont été rangés dans des classes précises bien que certains d'entre eux puissent avoir une activité préférentielle mais aussi une activité accessoire.

  • LES QUATRE GRANDES FAMILLES...


Les antimétabolites

 

  • Les analogues pyrimidiques
    • 5-FU, tégafur, capécitabine,
      cytarabine, azacitidine, gemcitabine 
  •  

  • Les analogues des purines
    • Mercaptopurine, fludarabine, azathioprine, cladribine, pentostatine, cytarabine, nélarabine, clofarabine
  •  

  • Les analogues de l’acide folique
    • Méthotrexate, pémétrexed, pralatrexate, ralitrexed, trimétrexate, piritrexine
  •  

 


Les agents alkylants

 

  • Les moutardes azotées
    • Melphalan, chlorambucil, estramutine
  •  

  • Les oxazaphosphorines
    • Cyclophosphamide, ifosfamide
  •  

  • Les triazènes et hydrazines
    • Procarbazine, dacarbazine, témozolomide
  •  

  • Les éthylène imines
    • Aziridines, thiotèpa et la mitomycine C
  •  

  • Les nitrosourées
    • BCNU, CCNU, fotémustine, streptozotocine
  •  

  • Les alkyles alcanes sulfonates
    • Busulfan
  •  

  • Les organoplatines
    • Cisplatine, carboplatine, oxaliplatine
  •  

  • Les nouvelles familles
    • Trabectédine
  •  

 

 


Les modificateurs de l’ADN

 

  • Les inhibiteurs des topo-isomérases I
    • Irinotecan, topotécan
  •  

  • Les inhibiteurs des topo-isomérases II
    • Les anthracyclines
    • Les anthracènediones
    • Les épidophyllotoxines : étoposide
    • Les autres produits comme l’amsacrine, la bléomycine
  •  

 


Les poisons du fuseau

 

  • Les vinca-alcaloïdes (vincas)
    • Vincristine, vinblastine, vinorelbine, vindésine, vinflumine
  •  

  • Les dolastatines
    • Romidepsine
  •  

  • L es taxanes, stabilisateurs du fuseau mitotique
    • Paclitaxel, nab-paclitaxel, docétaxel, carbitaxel
  •  

  • Les épothilones
    • Ixabépilone
  •  


  • DEUX NOMS POUR UN MÉDICAMENT !
LE NOM « SANS MAJUSCULE » 

Il correspond à la Dénomination Chimique Internationale « DCI » (INN pour les pays anglo-saxons).
En principe, la DCI est, sauf exception, internationale (USA, Japon et Europe). Cependant, pour certains médicaments anciens, ils peuvent avoir plusieurs noms, comme par exemple pour l’adriamycine qui s’appelle aussi la doxorubicine.

LE NOM « AVEC UNE MAJUSCULE »

Il est suivi de «™» ou de « ® » correspond au nom de marque du médicament. Le nom de marque de la spécialité peut être variable selon les pays où le médicament est commercialisé.


LES ACRONYMES DES PROTOCOLES DE CHIMIOTHÉRAPIE


Les protocoles de chimiothérapie sont souvent désignés par des lettres ou des acronymes pour en faciliter la mémorisation : « FEC », « COP », « MOP », « M-VAC », « FOLFIRI », « FOLFOX », etc.
Les lettres peuvent correspondent soit à des DCI soit à des noms commerciaux, soit, enfin, un mélange des deux.

 

 

 

Mise à jour

6 janvier 2012

 

 

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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 08:00

 

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  • LA CONSULTATION INITIALE DE CHIMIOTHÉRAPIE 


POURQUOI ?

Comme 270 000 patients en France, en 2009, on vous propose de traiter votre cancer avec une chimiothérapie.
Votre dossier a fait l'objet d'un avis émis lors d'une Réunion de Concertation Pluridisciplinaire ou RCP qui " est un lieu d'échanges entre spécialistes de plusieurs disciplines sur les stratégies diagnostiques et thérapeutiques en cancérologie ".
 

UNE CONSULTATION LONGUE...

Cet avis vous sera communiqué et placé dans votre dossier. Dans ce cas, une consultation avec un médecin oncologue va être programmée. Un oncologue est un médecin spécialisé dans le traitement du cancer et, par conséquent, expérimenté à l'usage de la chimiothérapie. L’objectif de cette consultation est de confirmer l'utilité de la chimiothérapie pour votre traitement, de déterminer le type de programme de chimiothérapie à utiliser et de répondre aux questions que vous pouvez vous poser.
Au cours de la consultation, le médecin vous questionnera sur vos antécédents médicaux et pratiquera un examen clinique. Il peut avoir à discuter de votre cas avec d'autres membres de l’équipe médicale amenés à vous prendre en charge (staff), si le traitement fait appel à différentes techniques. Cette discussion à pour objectif de coordonner tous les traitements comme la chirurgie, la radiothérapie, afin de vous assurer les meilleurs soins possibles. Au terme de la consultation, l’oncologue recommandera ou non l'usage de la chimiothérapie dans votre traitement. Si cette option n'est pas retenue, il vous en expliquera les raisons.

EN PRATIQUE...

  En France, en 2009, 473 établissements, privés ou publiques sont agréés pour réaliser les traitements de chimiothérapie. Il y a donc un près de chez vous ! La répartition géographique des centres peut être consultée sur le site Internet de l' INCa .
Plus de 90 % des chimiothérapies sont réalisées en hôpital de jour, c'est-à-dire que vous ne restez pas dans l'établissement le soir. Dans les autres cas, une hospitalisation complète est parfois utile.
Le nombre de séances est variable selon le type de cancer, la moyenne étant de 7 (5 à 10). 

 

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  • LE PROTOCOLE DE CHIMIOTHÉRAPIE

 

ASSOCIER PLUSIEURS MÉDICAMENTS...

Le plus souvent, plusieurs médicaments sont associés. On parle alors de polychimiothérapies. Ce pet être, des doublets associant 2 médicaments, des triplets avec 3 médicaments, voir jusqu’à 7 médicaments différents !
Plusieurs principes doivent être respectés pour un protocole de polychimiothérapie :

  • Essayer d'associer des produits appartenant à des familles différentes : extraits de plantes, antibiotiques, alkylants plus un ou plusieurs antimétabolites puisque ceux-ci peuvent se combiner
  • Associer des médicaments intervenant à des phases différentes du cycle cellulaire de façon à pouvoir atteindre le maximum de cellules dans une tumeur

EN PRATIQUE...


Le protocole de chimiothérapie décrit précisément, les buts, les modalités, les effets secondaires et les résultats attendus du traitement. Il sert de référence tout au long de la chimiothérapie. Il comprend les informations détaillées sur les points suivants.

- Le rationnel de la prescription

  • Le type de cancer, sa localisation, son histologie et son stade pour lequel une chimiothérapie est prescrite
  • La place dans la stratégie thérapeutique, adjuvante, curatrice ou palliative
  • Les indications et les contre-indications à son utilisation
  • Le rationnel scientifique (références de la littérature)

- La description des médicaments utilisés

  • La dose rapportée à la surface corporelle (m²) ou à la concentration sanguine souhaitée (AUC), etc.
  • Le jour voire l'heure d'administration, l'ordre de passage des médicaments,
  • Le mode d'administration,
  • Les thérapeutiques associées nécessaires ou utiles (hydratation, antiémétiques, etc.),
  • Les précautions particulières d'utilisation et de surveillance.

- La description des cycles de traitement

  • L'intervalle prévu entre deux cycles de traitement (ou cures) ce qui définit la dose - intensité,
  • Le nombre de cures programmées
  • Les effets secondaires (toxicités) attendus
  • Les conditions de reprise du traitement pour la cure suivante (récupération clinique et biologique du patient)
  • Les effets secondaires (toxicités) nécessitant un arrêt définitif ou un retard du traitement
  • Les mesures préventives et/ou curatives utilisées en cas de toxicité majeure et les modifications du traitement en raison de l’apparition d’effets secondaires sérieux
  • Les règles générales d'adaptation de posologie

 

 

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  • LE PROTOCOLE PREND EN COMPTE LES EFFETS SECONDAIRES PRÉVISIBLES



POURQUOI ?

De nombreux agents de chimiothérapie affectent aussi les cellules et les organes sains. Ceci implique donc une surveillance par des examens de laboratoire.


LA SURVEILLANCE 

La surveillance est réalisée de façon régulière, avant la chimiothérapie, avant chaque séance de chimiothérapie et dans les semaines suivant la dernière administration. Toute anomalie peut nécessiter un réajustement des doses de médicament, voire le report du traitement . Cette surveillance porte plus particulièrement sur :

  • La surveillance de la numération formule sanguine (NFS) : nombre de globules blancs, de plaquettes, de globules rouges et taux d'hémoglobine (Hb)
  • Le suivi de s fonctions rénales et hépatiques

 En fonction de la chimiothérapie, d'autres paramètres peuvent nécessiter une surveillance particulière avant l'administration.

EN PRATIQUE... 

Des actions, dites pré-thérapeutiques, comme des apports liquidiens ou l'administration de médicaments antihistaminiques, antiémétiques ou des corticoïdes peuvent être nécessaires pour diminuer les effets secondaires.

 


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  • LES DIFFÉRENTES VISITES DURANT LE TRAITEMENT

 

- Les visites avec l’oncologue sont planifiées

ous allez voir votre médecin oncologue durant toute la chimiothérapie. De temps en temps, un rendez-vous avec votre médecin oncologue ou avec l'infirmière sera programmé pour avoir lieu juste avant vos séances de chimiothérapie. Par exemple, un patient qui reçoit une chimiothérapie 3 à 5 fois par semaine peut ne voir son oncologue qu'une fois par semaine. Votre médecin discutera avec vous de la fréquence des rendez-vous.

- La visite de « fin de traitement »

Dès que votre chimiothérapie est terminée, vous aurez une visite finale avec votre médecin oncologue. Cette visite intervient juste après l'administration du dernier traitement. Au cours de cette visite, votre médecin pratiquera un examen et discutera du suivi médical à mettre en œuvre. Les soins de suivi Les rendez-vous de suivi médical interviennent généralement entre 2 et 6 semaines après la fin de la chimiothérapie. Après cela, vos progrès seront suivis et vous serez examinés régulièrement. Il est compréhensible que vous souhaitiez consulter d'autres médecins. Cependant, il est très important de participer à ce suivi médical pour que tout problème, relevant de la chimiothérapie, puisse être identifié tôt et traité dès son apparition.

 

 

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  • AVANT LA CHIMIOTHÉRAPIE, LES PRÉCAUTIONS A PRENDRE...

- Pourquoi ?

Au moment du diagnostic et avant d’entreprendre le traitement. Il est préférable d’éliminer toute source d’infection avant de débuter une chimiothérapie. La source d’infection la plus fréquente est dentaire. Si votre traitement de chimiothérapie n’est prévu que dans 2 ou 3 semaines, vous avez le temps de faire examiner et traiter vos dents chez votre dentiste, avant de débuter.

 

- Comment ?

Une prise de sang sera systématiquement réalisée avant la chimiothérapie pour s’assurer du bon fonctionnement d’organes essentiels pour le métabolisme et l’élimination des médicaments, tels que le foie et le rein. Dans cette prise de sang, il sera également vérifié que les cellules circulantes du sang (globules blancs, globules rouges et plaquettes) sont à un taux satisfaisant, car ce sont les cellules saines de l’organisme dont la production est la plus sensible aux médicaments de la chimiothérapie. Si le taux de globules rouges (ou plus précis, le taux d’hémoglobine) est trop bas, il vous sera proposé de recevoir une transfusion de sang (culots globulaires) avant de réaliser la chimiothérapie.

 

- Les « organes » à risque lors d’une chimiothérapie …

Certains médicaments de chimiothérapie peuvent présenter une toxicité orientée vers certains organes précis. Des examens peuvent alors être utiles pour vérifier que cet organe fonctionne de façon satisfaisante chez vous avant d’administrer le médicament. Ainsi, une échographie ou une scintigraphie cardiaque est souvent proposée avant d’administrer certains médicaments comme les anthracyclines qui peuvent être toxiques sur le cœur à des doses plus importantes que les doses habituelles.

 

- La contraception

Pour les femmes en âge de procréer, la réalisation d’un test de grossesse avant traitement est nécessaire et le maintien d’une contraception, pendant le traitement, est vivement recommandé.


 

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  • COMMENT S'ADMINISTRE LA CHIMIOTHÉRAPIE

 

UN TRAITEMENT SYSTÉMIQUE

Les médicaments de chimiothérapie circulent dans le corps au travers du flux sanguin. Les médicaments peuvent être administrés, très souvent par voie injectable, parfois par voie orale ( per os ), très rarement par voie cutanée (topique)

 

 UN TRAITEMENT EN PERFUSIONS, LE PLUS SOUVENT...


- Dans une veine du bras

La chimiothérapie est souvent administrée directement par voie intraveineuse au moyen d’une aiguille qui est placée temporairement dans une veine du bras. Les médicaments de chimiothérapie sont injectés dans cette veine grâce à une perfusion. Une perfusion est une poche de plastique remplie de liquide et placée en hauteur pour que le liquide coule dans un tube de plastique fin et flexible (ou tubulure) qui relie la poche à l’aiguille de la veine du bras.
Les médicaments de chimiothérapie sont soit dilués dans le liquide de la poche, soit injectés dans la tubulure par l’intermédiaire d’une seringue. L’injection des médicaments de chimiothérapie directement dans les veines du bras est une solution qui peut être proposée dans les cas suivants :

  • Une durée de perfusion courte pour chacun des médicaments
  • Un nombre prévu réduit d’injections
  • Un bon capital veineux

- Les cathéters centraux

Si un médicament doit être administré sur plusieurs heures et à fortiori sur plusieurs jours, si la durée de la chimiothérapie peut être assez longue, si les veines du (ou des) bras ne sont pas suffisantes ou si les injections précédentes de chimiothérapie ont entraîné une inflammation des veines (veinite), il peut vous être proposé la mise en place d’un cathéter central pour la durée de la chimiothérapie.
Ce type de cathéter est appelé central car une des extrémités du tube fin est située au niveau d’une grosse veine centrale, avant que celle-ci rejoigne le cœur (veine cave supérieure). Les cathéters sont composés de matériaux biocompatibles (silicones, polyuréthanes) qui sont bien supportés par l'organisme.
Avec un suivi approprié, ces cathéters peuvent rester placés aussi longtemps que nécessaire ce qui évite au patient d’être piqué dans le bras à chaque séance de chimiothérapie.

- Les cathéters extériorisés à la peau (tunélisés)

Ils ont leur extrémité qui ressort à travers la peau, par une petite incision généralement située sous la clavicule, l’os qui relie le sternum à l’épaule. Ils sont installés sous anesthésie locale. On pose la perfusion directement au niveau de l’extrémité du tube du cathéter qui ressort.


- Les chambres implantables

Elles n’ont pas leur extrémité qui ressort à travers la peau, car elles sont reliées à un réservoir ou chambre (Port-A-Cath™, Infusaport™, etc.) qui est inséré sous la peau.
La première chambre implantable fut posée en 1982 par Niederhuber. Depuis, ses indications se sont multipliées afin de préserver le capital veineux, pour la chimiothérapie essentiellement, mais aussi la nutrition parentérale, les transfusions itératives. Il existe deux techniques d’implantation les plus répandues sont :
La chambre est mise en place sous la peau du thorax, au-dessous de la clavicule, généralement assez loin du sternum pour des raisons esthétiques. La chimiothérapie est administrée en piquant dans le réservoir avec des aiguilles spéciales.

- En pratique...


L e cathéter et la chambre sont implantés sous anesthésie locale ou sous anesthésie générale de courte durée.
Les avantages et les désavantages des deux types de cathéters sont résumés dans le tableau ci-dessous :

 

 

 

  CATHÉTERS À LA PEAU

CHAMBRE

Nombre de tuyaux

1 à 3

1

Maintenance

Tous les jours

Utilité mise en question

Restriction d’activités

Douche, natation

Aucune

Prises de sang

Aisées

Peu fiables

Accès

Externe

Aiguille spéciale

Débit

Fonction du diamètre du tuyau

Complications

Possibles

Plus rares

Ablation

Facile en ambulatoire

Petite intervention

 
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PENDANT LA CHIMIOTHÉRAPIE

COMMUNIQUEZ !

Certains patients souhaitent s’investir totalement dans tous les aspects de leur maladie et de leur traitement. D’autres choisissent de ne se préoccuper que de l’information. Le choix vous appartient, mais il y a quelques questions sur lesquelles chaque patient sous chimiothérapie devrait s’informer.
Vous devez toujours vous sentir libre de poser à votre médecin ou à votre infirmière autant de questions que vous souhaitez !

  • Si vous avez un doute, demandez des détails jusqu’à ce que vous ayez compris.
  • Vous pouvez trouver utile de faire une liste de questions avant votre rendez-vous.
  • Certains patients ont même une liste permanente sur laquelle ils notent chaque nouvelle question qui leur vient à l’esprit.
  • Vous pouvez souhaiter prendre des notes pendant votre rendez-vous.
  • Ne craignez pas de demander à votre médecin de vous expliquer lentement pour que vous ayez le temps de noter ses explications.
  • Il y a peut-être une note explicative déjà existante sur votre cas précis. Demandez à votre infirmière si certaines informations sont déjà notées pour vous. Souvent, l'équipe soignante a l'idée de recenser les idées concernant les réponses aux questions que peuvent se poser les patients au cours de leur traitement.

- Comment la chimiothérapie affecte-elle vos émotions ?

La chimiothérapie peut amener de grands changements dans votre vie. Elle peut affecter votre santé, déranger vos activités quotidiennes et limiter vote vie personnelle. De nombreux patients sont inquiets, soucieux, en colère ou déprimés au cours de leur chimiothérapie. Ces émotions sont normales et compréhensibles. Cependant, elles peuvent aussi être dérangeantes. Heureusement, il y a différentes façons de résoudre ces effets secondaires émotionnels, comme il y a des façons de traiter les effets secondaires physiques de la chimiothérapie.

 

- Comment trouver l’aide nécessaire ?

Vous pouvez trouver de l'aide auprès de plusieurs sources.

  • Si vous avez des questions au sujet de votre traitement, parlez-en avec les membres de l’équipe soignante. De plus, il existe des conseillers qui peuvent vous aider à vous exprimer, à vous comprendre. Selon vos préférences et vos besoins, vous pouvez souhaiter rencontrer un psychiatre, un psychologue, une assistante sociale.
  • Le fait de parler avec des membres de votre famille ou avec des amis peut vous aider à vous sentir beaucoup mieux. Ils peuvent vous réconforter et vous rassurer. Vous pouvez être amenés à constater que vous devez les aider à vous venir en aide. Quelquefois, alors que vous pouvez vous attendre à ce qu'ils se pressent pour vous venir en aide, il peut être nécessaire que vous fassiez le premier pas pour les solliciter.
  • De nombreux malades trouvent une aide en communiquant avec d'autres malades qui se trouvent dans leur situation. Parlez avec d’autres patient(e)s. Vous serez surpris de constater que vos pensées sont très partagées. Il est d'une grande aide pour certains patients de constater qu'ils ne sont pas les seuls dans leur cas.
- Que puis-je faire pour rendre la séance de chimiothérapie plus agréable ?

Vous pouvez prévoir des lectures, des travaux manuels, des CD ou une radio avec casque ou tout autre passe-temps et distraction. Certains patients en chimiothérapie ont un goût métallique dans la bouche. Des pastilles mentholées peuvent aider à détruire ce goût désagréable. Vous pouvez aussi souhaiter apporter des petits gâteaux ou d’autres friandises. Un membre de votre famille ou un(e) ami(e) est aussi le bienvenu. La présence d'un parent ou d'un(e) ami(e) est quelquefois utile pour vous conduire à votre traitement. Sa présence pourra à vous sentir moins tendu pendant le trajet et la durée du traitement. Il ou elle vous ramènera chez vous au cas où vous ne vous sentiriez pas très bien. Apprendre à connaître les autres patients qui traversent la même épreuve et le même traitement que vous, peut aussi se révéler être une expérience positive.

 

En résumé, quelques suggestions :

  • Essayez de garder la finalité de votre traitement à l'esprit. Ceci vous aidera avoir une attitude positive les jours où les choses semblent plus difficiles.
  • Garder en tête qu'une alimentation équilibrée est importante. Votre corps a besoin de nourriture en quantité normale mais saine, pour reconstruire ses tissus.
  • Prenez soin de vous ! Certains jours vous aurez envie de rester à la maison en pyjama. Ceci peut être une bonne thérapie. Cependant, autant que possible, essayez de conserver vos habitudes de soins quotidiens (coquetteries). Si vous avez perdu vos cheveux et que vous portez une perruque, prenez soin de votre perruque. Informez-vous pour savoir comment procéder.
  • Informez-vous autant que vous voulez sur votre maladie et son traitement. Ainsi vous aurez moins peur de l'inconnu et vous augmenterez votre sentiment de mieux contrôler la situation.
  • Faites un journal intime pendant que vous êtes en traitement. Ceci vous aidera à comprendre les sentiments qui vous animent pendant que vous êtes sous traitement et à vous souvenir des questions que vous voulez poser à votre médecin ou à votre infirmière. Vous pouvez aussi utiliser votre journal pour vous rappeler les étapes de votre lutte contre les effets secondaires et comment vos efforts portent leurs fruits. Ainsi, vous pourrez savoir quelles méthodes sont les plus efficaces dans votre situation.
  • Fixez-vous des objectifs réalistes et ne soyez pas trop dur avec vous-même ! Vous pouvez ne pas avoir la même énergie qu'avant. Ainsi, essayez de vous reposer dès que vous en avez besoin, laisser passer les petites choses à régler et concentrez-vous sur les actes essentiels pour vous.
  • Essayez-vous à de nouveaux violons d'Ingres et apprenez de nouvelles choses. Pratiquez-les si vous pouvez. Utiliser son corps (yoga, sophrologie, etc.) peut contribuer à vous réconcilier avec vous-même et à vous débarrasser des tensions ou de la colère.

- Faites-vous plaisir !

Vous en avez besoin. Le diagnostic et les traitements sont de fortes frustrations. Alors, pensez à vous en premier lieu.

 

 

 

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  • LES QUESTIONS QUE VOUS VOUS POSEZ SUR LE DÉROULEMENT DU TRAITEMENT...

 

COMMENT?

La chimiothérapie est administrée sous forme de cycles ou cures. Chaque cycle consiste en des jours de traitement suivis d'une période de repos pendant laquelle les cellules normales peuvent régénérer. Puis, le cycle est répété.
Votre médecin choisira le meilleur schéma pour votre cas personnel. Ce schéma est basé sur un certain nombre de facteurs, tels que le type de cancer et son stade, le type de médicament utilisé, les autres traitements reçus, la réponse au traitement lui-même.
Il est très important de respecter strictement le schéma du traitement. C'est la condition indispensable pour optimiser le résultat.

Le schéma ainsi décidé peut cependant être réajusté en raison d’évènements spéciaux et parfois les vacances. Dans ce cas, parlez-en au médecin ou à l'infirmière pour reprogrammer un rendez-vous.


À L'HÔPITAL OU À LA MAISON?

La plupart des patients reçoivent la chimiothérapie dans un hôpital de jour ou en ambulatoire. Les chambres de chimiothérapie procurent des équipements confortables où les patients reçoivent leur traitement et sont soigneusement surveillés par une infirmière de chimiothérapie qui est spécialisée et entraînée à administrer la chimiothérapie.
Quelquefois, les patients reçoivent leur traitement à l'hôpital. C'est le cas lorsque les effets secondaires des médicaments doivent être surveillés de près ou si le médicament doit être administré pendant plusieurs heures.
Enfin, plus rarement, des patients reçoivent certains types de chimiothérapie à la maison.


EST-CE DOULOUREUX ?

La plupart des médicaments de chimiothérapie ne provoquent pas d'inconfort pendant le traitement.
Si la chimiothérapie est administrée par voie veineuse, signalez à votre infirmière toute brûlure, sensation de froid, douleur ou autre sensation inhabituelle à l'endroit où le produit est injecté.
Signalez à votre médecin tout gonflement, rougeur ou inconfort après le traitement.



Mise à jour

26 janvier 2011

 

 

 

 

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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 16:04

 

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VOS QUESTIONS LéGITIMES (liste non exhaustive)

  • Pourquoi dois-je suivre une chimiothérapie ?
  • Quels sont les avantages d’une chimiothérapie ? Y a-t-il d’autres traitements possibles pour mon type de cancer ?
  • Quels sont les risques d’une chimiothérapie ? Quels sont les effets secondaires possibles ? Quels sont ceux qui doivent être signalés aussitôt ?
  • Quels médicaments vais-je recevoir ?
  • Comment m'administrera-t-on la chimiothérapie ? Où vais-je recevoir mon traitement ?
  • Quelle est la durée de mon traitement ?
  • C'est un traitement systémique du cancer

DE QUOI S'AGIT-IL ?

La chimiothérapie tiens une place très importante dans le traitement des cancers du sein. Depuis son introduction dans les schémas thérapeutiques, elle a amélioré fondamentalement le pronostic de la maladie.
C’est un traitement du cancer à base de médicaments qui a été découvert en 1943. Ces médicaments ont pour but de détruire les cellules cancéreuses. Ils peuvent être administrés par voie intraveineuse ou par voie orale. Les médicaments circulent dans le sang pour atteindre les cellules cancéreuses dans le corps tout entier.

EN PRATIQUE...

La chimiothérapie est administrée en cycles ou cures.
En général, la chimiothérapie ne nécessite pas d’hospitalisation.

Chaque période de traitement est suivie d'une période de repos thérapeutique permettant la récupération des lignées cellulaires normales affectées par le ou les médicaments.
Un traitement comporte habituellement 4 à 6 cures espacées de 3 semaines. De ce fait, la durée totale d'une chimiothérapie est de 4 à 6 mois selon les schémas thérapeutiques utilisés.

PLUSIEURS MEDICAMENTS... 

Une association de médicaments anticancéreux est généralement plus efficace qu'un médicament seul.
L’équipe peut utiliser certains qualificatifs pour définir le type de chimiothérapie qui vous sera proposée :

  • On parle de chimiothérapie intensive lorsque les doses sont augmentées. C’est le cas d’un FEC 100 par rapport à un FEC 50 (voir plus bas dans le tableau ci-dessous). Cela implique parfois des traitements complémentaires pour parer à une myélosuppression profonde.
  • On parle de chimiothérapie dense , lorsque les cures sont plus rapprochées, toutes les deux semaines au lieu de toutes les trois semaines.
  • Les traitements adjuvants de première ligne

QUAND ?

La chimiothérapie débute normalement dans les 3 à 6 semaines suivant l'intervention chirurgicale.

COMMENT ?

La chimiothérapie de base de  première ligne du cancer du sein fait appel aux médicaments suivants :

  • Les anthracyclines : (A) adriamycine/doxorubicine ; (E) épirubicine 
    • Doxorubicine versus épirubicine : probablement pas de différence
  •  

  • Les taxanes : docétaxel (Taxotère™) ou paclitaxel (Taxol™) (T), surtout si un ganglion est envahi (N+)
    • Paclitaxel versus docétaxel: probablement pas de différence
  •  

  • Le cyclophosphamide (C) (Endoxan™)
    • Adriamycine/Cyclophosphamide (AC) versus Adriamycine/Taxane (AT) : probablement pas de différence
    • Taxane/Cyclophosphamide (TC) versus Adriamycine/Cyclophosphamide (AC) : bénéfice marginal
  •  

  • Le fluorouracile ( F)

Les associations de médicaments les plus utilisées pour le traitement du cancer du sein sont précisées dans le tableau suivant.

UN CONSEIL...

Selon les habitudes des centres et des médecins, des variations de ces protocoles existent.
N’hésitez pas à demander, à votre oncologue, toutes les précisions concernant le protocole de chimiothérapie qui vous est proposé.

 

Les protocoles

En pratique pour vous...

CMF

Cyclophosphamide

Méthotrexate

5-fluorouracile

J1 et J8 : méthotrexate et fluorouracile en perfusion courte
J1 à J14 : cyclophosphamide (Endoxan™) en comprimés
Traitement pour prévenir les nausées, acide folinique (Lederfoline™) à J2 et J9, comme antidote du méthotrexate
Vous recommencerez ce traitement à J28
FEC 50 ou 100
5-fluorouracile
Epirubicine
Cyclophosphamide
J 1 : cyclophosphamide (Endoxan™) et 5-FU (Fluorouracile) en une courte perfusion ; épirubicine injectée directement dans la tubulure
Traitement pour prévenir les nausées
Vous recommencerez ce traitement à J21
6 cures en tout
FUN
5-fluorouracile
Navelbine™
J1 et J5 : vinorelbine en courte perfusion
J1 à J5 : 5-FU (Fluorouracile) en perfusion continue
Traitement pour prévenir les nausées
Vous recommencerez ce traitement à J21
EpiTax
Epirubicine
Taxotère™
La veille du traitement de la cortisone qui sera poursuivie 3 jours de suite, pour éviter le risque d’œdèmes allergiques
J1 : docétaxel (Taxotère™) en perfusion (1 heure) et épirubicine injectée directement dans la tubulure
Traitement pour prévenir les nausées et parfois pour éviter les brûlures d’estomac
Vous recommencerez ce traitement à J21 ou 28
FT
5-fluorouracile
Taxotère™

La veille du traitement de la cortisone qui sera poursuivie 3 jours de suite, pour éviter le risque d’œdèmes
Jour 1 : docétaxel (Taxotère™) en perfusion (1 heure)
De J1 à J 5 : 5-FU (Fluorouracile) en une courte perfusion
Traitement pour prévenir les nausées et pour éviter les brûlures d’estomac
Vous recommencerez ce traitement à J21 ou 28

 

  • DES ALTERNATIVES…

LA CAPECITABINE (XELODA™)

C'est un dérivé du 5-FU (Fluorouracile™) actif par voie orale.
Ce médicament est donné à la dose de 1250 mg/m² deux fois par jour pendant 14 jours. La cure est renouvelée tous les 21 jours, si la numération formule sanguine (NFS) le permet.

Ce médicament est relativement bien toléré en dehors d’un syndrome main-pied qui consiste en un rougissement douloureux des pieds et des mains.

LES AUTRES PROTOCOLES

Ils sont très nombreux, à titre d’exemples, les protocoles suivants peuvent vous être proposés :

  • Myocet™ (complexe doxorubicine encapsulé dans des liposomes) 60 à 75 mg/m² en association au cyclophosphamide (600 mg/m²), toutes les trois semaines
  • FEC 75 sur 6 cycles ou le FEC 100 sur 3 cycles, suivis de Taxotère™ pour 3 cycles
  • SIM comprend un FEC en dose-dense suivi de Taxotère™
  • TAC Taxotère™ + Adriamycine + Cyclophosphamide + filgastrine en support pour parer à la diminution des globules blancs administrés en perfusion intraveineuse d’environ 3 heures, à l’hôpital. Cette cure sera répétée tous les 21 jours. 
  • Taxotère™ + Xéloda™
  • GT = gemcitabine (Gemzar™) 1250 mg/m² J1 (après Taxol™) et J8 + paclitaxel (Taxol™) 175 mg/m² J1


EN CAS DE SUR-EXPRESSION HER2

 

En association avec Herceptin™ pour les patientes «  HER2 + » , les médicaments suivants sont souvent proposés : 

 

  • L’association carboplatine + Taxol™ où les médicaments sont administrés en perfusion intraveineuse de 4 heures tous les 21 jours.
  • Le Taxotère™ hebdomadaire
  • La Navelbine™ (vinorelbine)
  • Un bénéfice clairement établi de la chimiothérapie adjuvante...

LES BASES SCIENTIFIQUES

Les études cliniques portant sur plusieurs milliers de femmes ont montré que l’administration d’une chimiothérapie adjuvante réduit très significativement le risque de :

  • Rechutes
    • 5 % pour les femmes de moins de 50 ans
    • 20 % pour celles âgées de plus de 50 ans
  •  

  • Décès
    • 27 % à 10 ans, pour les femmes de moins de 50 ans
    • 11 % pour celles âgées de plus de 50 ans
  •  

  • Bilatéralisation de la maladie (atteinte de l’autre sein) de 20 %


Des études récentes ont montré qu'il était préférable d'utiliser les anthracyclines (épirubicine ou adriamycine) plutôt qu'un schéma n'en contenant pas, lorsque l’utilisation de ce type de molécules est possible, absence de maladies cardiaques et pas d’utilisation d’Herceptin™.

LES MODALITÉS

- Les patientes N+

Le Groupe Français d'Études Adjuvantes (GFEA) a montré qu'il valait mieux :

  • Faire 6 cures de chimiothérapie, plutôt que 3 cures
  • Prescrire un FEC 100 (épirubicine 100 mg/m²), plus efficace, qu’un FEC 50 ce qui explique que ce schéma a été retenu pour la plupart des protocoles usuels.

- Les patientes N0

Pour les patientes avec des facteurs de risque, le traitement de référence est le FEC 100. Des études, comparant 6 cures versus 4 cures de FEC 100, devraient permettre de préciser la durée optimale du traitement.

Il faut savoir, qu’aux États-Unis, le protocole 4 x AC (adriamycine + cyclophosphamide) reste la référence pour les N0.

- L’utilisation des taxanes

Il n'existe pas actuellement d'études démontrant l’intérêt des taxanes (docétaxel ou paclitaxel) en traitement adjuvant pour les patientes N0. Leur indication est réservée aux patientes N+.

 

En résumé, les recommandations actuelles

  • N-/HER 2 -
    • 6 FEC 100
    • Alternatives : 4 AC 60 ; schéma anthracyclines+taxanes
  •  

  • N+/ RH-/HER 2-
    • Schéma séquentiel anthracyclines et taxanes : 3 FEC 100 puis 3 docétaxel (Taxotère™) 100
    • Alternatives : 4 AC 60 + 4 docétaxel 100 ; 4 AC puis 12 Taxol TM  80 hebdomadaire ; protocole  6 TAC
  •  

  • N+/RH+/HER 2 -
    • Schéma séquentiel anthracyclines + taxanes : 3 FEC 100 puis 3 docétaxel 100
    • Alternatives : 4 AC 60 puis 4 Taxol TM 175 ; protocole TAC ; 6 FEC 100
  •  

  • HER2+
    • 3 FEC 100 puis 3 docétaxel (Taxotère™) + Herceptin™
  • La chimiothérapie néoadjuvante (avant la chirurgie)

LE PRINCIPE

C'est une option pour certaines femmes qui souhaitent avoir un traitement conservateur du sein pour des tumeurs ayant entre 2 et 5 cm.
Si la chimiothérapie néoadjuvante est capable de réduire suffisamment la taille de la tumeur, une tumorectomie simple peut être envisagée suivie d'une radiothérapie, éventuellement complétée par un traitement systémique (chimiothérapie, avec ou sans hormonothérapie.)

EN PRATIQUE...

 Le schéma de la chimiothérapie néo-adjuvante est, le plus souvent semblable à celui de la chimiothérapie adjuvante.
Elle contient souvent un taxane et une anthracycline.
Pour les tumeurs HER2+, elle comprend de l'Herceptin.
  • Avant de débuter la chimiothérapie...

IL FAUT PRENDRE CERTAINES PRÉCAUTIONS

Au moment du diagnostic et avant d’entreprendre le traitement de chimiothérapie, des examens sont nécessaires.

Il est préférable d’éliminer toute source d’infection avant de débuter une chimiothérapie. La source d’infection la plus fréquente est dentaire. Si votre traitement de chimiothérapie n’est prévu que dans 2 ou 3 semaines, vous avez le temps de faire examiner et traiter vos dents chez votre dentiste, avant de débuter.

QUELQUES EXAMENS...

- Une prise de sang est indispensable

Elle sera systématiquement réalisée avant la chimiothérapie pour s’assurer du bon fonctionnement d’organes essentiels pour le métabolisme et l’élimination des médicaments, tels que le foie et le rein.
Dans cette prise de sang, il sera également vérifié que les cellules circulantes du sang (globules blancs, globules rouges et plaquettes) sont à un taux satisfaisant, car ce sont les cellules saines de l’organisme dont la production est la plus sensible aux médicaments de la chimiothérapie.
Si le taux de globules rouges (ou plus précisément, le taux d’hémoglobine) est trop bas, il vous sera proposé de recevoir une transfusion de sang (culots globulaires) avant de réaliser la chimiothérapie. Une autre option est l’administration d’érythropoïétine ou EPO en injection sous-cutanée. L’EPO est une hormone naturelle de l’organisme, sécrétée par le rein, qui stimule la production des globules rouges par la moelle des os, site naturel de fabrications de cellules du sang.

- Dans certains cas, des précautions particulières...
Pourquoi ?
Certains médicaments de chimiothérapie peuvent présenter une toxicité orientée vers certains organes précis. Des examens peuvent alors être utiles pour vérifier que cet organe fonctionne de façon satisfaisante chez vous avant d’administrer le médicament.


La fonction cardiaque
Les médicaments, comme les anthracyclines, utilisés dans le traitement de votre cancer ont une toxicité pour le muscle cardiaque. Il est parfois préférable de les éviter chez les patients ayant déjà une maladie cardiaque. Pour s'en assurer, il faut faire un examen de la fonction cardiaque, c'est le calcul de la « fraction d'éjection systolique » (FES) qui mesure la capacité du ventricule gauche à se contracter. Cette mesure peut se faire de deux manières :

  • Par échographie cardiaque
  • Par mesure isotopique qui nécessite l'injection d'un marqueur radioactif et l'examen de son passage dans le cœur par une caméra spéciale (scintigraphie)
CATHÉTER CENTRAL OU PAS ?

- Pourquoi cette question ?
 
La chimiothérapie est souvent administrée directement par voie intraveineuse au moyen d’une aiguille qui est placée temporairement dans une veine du bras. Les médicaments de chimiothérapie sont injectés dans cette veine grâce à une perfusion. Une perfusion est une poche de plastique remplie de liquide et placée en hauteur pour que le liquide coule dans un tube de plastique fin et flexible (ou tubulure) qui relie la poche à l’aiguille de la veine du bras. Les médicaments de chimiothérapie sont soit dilués dans le liquide de la poche, soit injectés dans la tubulure par l’intermédiaire d’une seringue.
L’injection des médicaments de chimiothérapie directement dans les veines du bras est une solution qui peut être proposée dans les cas suivants :

  • Des produits non vésicants
  • Une durée de perfusion courte pour chacun des médicaments
  • Un nombre prévu réduit d’injections
  • Un bon capital veineux

- Les cathéters centraux

De quoi s'agit-il ?
Si un médicament doit être administré sur plusieurs heures et à fortiori sur plusieurs jours, si la durée de la chimiothérapie peut être assez longue, si les veines du (ou des) bras ne sont pas suffisantes ou si les injections précédentes de chimiothérapie ont entraîné une inflammation des veines (veinite), il peut vous être proposé la mise en place d’un cathéter central pour la durée de la chimiothérapie.

Ce type de cathéter est appelé central car une des extrémités du tube fin est située dans une grosse veine centrale, avant que celle-ci rejoigne le cœur (veine cave supérieure). Les cathéters sont composés de matériaux biocompatibles (silicones, polyuréthanes) qui sont bien supportés par l'organisme. Avec un suivi approprié, ces cathéters peuvent rester placés aussi longtemps que nécessaire ce qui évite au patient d’être piqué dans le bras à chaque séance de chimiothérapie. Il existe deux sortes de cathéters.

Les cathéters extériorisés à la peau
Ils ont leur extrémité qui ressort à travers la peau, par une petite incision généralement située sous la clavicule, l’os qui relie le sternum à l’épaule. Ils sont installés sous anesthésie locale. On pose la perfusion directement dans l’extrémité du tube du cathéter qui ressort.

Les chambres implantables
Elles n’ont pas leur extrémité qui ressort à travers la peau, car elles sont reliées à un réservoir ou chambre (Port-A-Cath™, Infusaport™, etc.) qui est inséré sous la peau.
Le cathéter et la chambre sont implantés, au bloc opératoire, sous anesthésie locale ou sous anesthésie générale de courte durée. . Une courte incision permet de découvrir une veine de la base du cou.
La chambre est mise sous la peau du thorax, au-dessous de la clavicule, généralement assez loin du sternum pour des raisons esthétiques.

Dans les 48 heures qui suivent la pose, une douleur à la base du cou est assez fréquente, on vous prescrira des médicaments contre la douleur pour cela.
La chimiothérapie est administrée en piquant dans le réservoir avec des aiguilles spéciales.

  • EN PRATIQUE POUR VOUS...

VOUS VIVEZ NORMALEMENT...

Le pansement peut être retiré au bout de quatre jours, les fils de la suture se résorbent habituellement tout seul. Par la suite, aucun pansement ne sera nécessaire.
Vous pourrez mener avec ce dispositif une vie normale. Seuls les sports violents sont à éviter. Le port de la ceinture de sécurité reste conseillé.
Un carnet de surveillance de la chambre vous sera remis afin de noter les gestes effectués à ce niveau.
Une chambre peut être conservée pendant plusieurs années.
 
QUELQUES INCIDENTS POSSIBLES...

Ils sont rares et liés au dispositif. Ils doivent amener à consulter, en particulier dans les cas suivants :

  • Une douleur et rougeur au niveau du boîtier doivent faire craindre une infection
  • Une douleur et gonflement du bras peuvent faire suspecter une obstruction de la veine
  • Un mauvais fonctionnement de la chambre.


@ Pour en savoir plus sur les chambres implantables : http://www.hopital-dcss.org


Mise à jour

14 avril 2012

 

 

 

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 18:53

 

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Date de dernière mise à jour : 20/03/2012

 

 

L’Institut National du Cancer est l’agence nationale sanitaire et scientifique chargée
de coordonner la lutte contre le cancer en France.

 

 

Préambule

 

 

I. Le nombre de malades traités pour un cancer en France augmente de + 12 % par rapport à 2005, et leur taux de mortalité diminue

 

II. Le nombre de malades traités par chimiothérapie augmente rapidement : plus de 270 000 malades ont reçu une chimiothérapie en 2009 (+ 24 % par rapport à 2005)

 

III. La chimiothérapie fait partie du traitement de référence de nombreux cancers, et ce, de façon croissante

 

IV. L’usage de médicaments anticancéreux fait l’objet à la fois d’une croissance rapide sur le plan quantitatif et de profondes évolutions sur le plan qualitatif

 

V. La chimiothérapie poursuit sa croissance en milieu hospitalier. Le nombre de chimiothérapies (intraveineuses) y a augmenté de + 4,7 % par rapport à 2008. Cette pratique est concentrée en majorité dans 473 établissements autorisés pour ce traitement par les ARS. 91 % des traitements sont réalisés en ambulatoire

 

VI. La chimiothérapie orale, prise au domicile, est aussi en pleine expansion

 

VII. L’utilisation des nouvelles molécules de chimiothérapie poursuit un développement rapide dans le secteur hospitalier, générant des coûts  de traitement élevés et croissants (> 1 milliard d’euros dans le secteur public et ESP IC en 2009, soit + 6,5 % par rapport à 2008

 

VIII. Les molécules utilisées évoluent sur le plan qualitatif : en 2009, les molécules dites de « biothérapie » sont pour la deuxième année consécutive majoritaires et représentent 57 % des coûts des molécules anticancéreuses (inscrites sur la liste en sus)

 

IX. P istes de réflexion pour améliorer l’usage, en termes de sécurité et de maîtrise des coûts, des molécules innovantes et coûteuses en chimiothérapie anticancéreuse

 

 

 

Annexe méthodologique

 

  • Liste des anticancéreux inscrits sur la liste « hors GHS » en 2009 (DCI) et ayant servi de base à l’analyse des données 2009 du rapport

 

 

 

Annexes complémentaires

 

  • Liste des 31 nouvelles molécules ayant obtenu une première autorisation de mise sur le marché européenne en oncologie de 2004 à juillet 2010

 

  • Liste des anticancéreux inscrits sur la liste « hors GHS » en juillet 2010 selon leur date d’inscription

 

 

 

 

  Pour plus d’informations: Chimiothérapie

 

 

 

 

 

 

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